La révolution du surf tracté
L'Eddie
Aikau, la technique du late take-off, Todos Santos, Mavericks,
l'épopée du big wave riding ces 15 dernières
années rebondit de plus belle avec le surf tracté.
Derrière Sunset, Hamilton, Kerbox et Doerner peaufinent
leur histoire avec un zodiac et de grands guns, chacun amenant
son expérience technique et marine au projet. Puis
en février 93, c'est le vrai test, sur des vagues
de près de 10 m, insurfables à la rame, au
large de Laniakea, North Shore. Les trois compères,
lancés par leur Zodiac, devalent des pentes innommables
avec leur gun de plus de 9'. La saison d'après, Hamilton
et Kerbox ramènent sur Maui, où ils habitent,
leur nouvelle technique, avec en vue la vague "insurfable"
de Jaws. Leur passé de windsurfer les pousse à
modifier leurs planches, avec l'apport de footstraps, puis,
se rendant compte de l'inutilité d'un grand gun une
fois lancé sur la vague, ils développent des
boards de tow in étroites et courtes mais très
lourdes. De vraies petites bombes une fois propulsées
et maintenues dans le creux de la face de la vague.
La révolution du surf tracté fait jaser les
chantres du big wave riding traditionnel comme Ken Bradshaw.
Mais lui comme les autres s'y met, affrontant des faces
de vagues inimaginables jusque-là. Mais le danger
du tow in, c'est qu'il efface le danger justement, celui
du take-off dans le vide et celui de faire ramasser au line-up
en attendant les vagues. Il y a donc une méprise
des grosses vagues en surf tracté, l'ivresse pouvant
l'emporter sur la peur et la vigilance. Néanmoins,
les big wave riders en tow in sont soit dejà de bons
big wave riders traditionnels soit de grands watermen, comme
Dave Kalama. Aujourd'hui, les deux formes de gros surf évoluent
de pair, la règle voulant que le surf tracté
se retire là où les surfers se risquent en
gun et à la rame.
Si
le tow in est une autre forme de big surf, il a largement
ouvert le spectre des grosses vagues. On le voit avec Jaws,
Mavericks où les locaux, puristes du gun, ont tous
mis un jetski dans leur quiver. Puis surtout survient cette
vague phénoménale d'Hamilton à Teahupoo,
en août 2000. Déjà cette vague, inimaginable
à surfer il y a 10 ans, avait été domptée
grâce aux avancées de la technique du late
take-off et du grabrail menées par les pros, mais
défiée en tow in sur les plus grosses séries,
c'est un Graal du big wave riding qui saute. Pourra-t-on
un jour aller plus loin ? Rendez-vous dans 15 ans
Gibus
de Soultrait