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Jérémy Florès - Le Réunionnais interview

Jérémy Florès © ASP

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Jérémy Florès : « J'ai toujours eu peur des grosses vagues »

Surfersvillage Global Surf News, 15 December, 2012 : - - Après deux quarts de finale sur les deux premières étapes de la Triple Crown de Hawaï, le surfeur de la Réunion entame la dernière compétition de la saison, le prestigieux Billabong Pipe Masters qui débute ce samedi (8-20 décembre). Pour l’avoir gagné voici deux ans, Jérémy Florès figure aux côtés des favoris de cette édition. Le Réunionnais revient aussi sur l’Eddie Aikau pour lequel il a été invité pour la seconde année consécutive, la compétition de vagues géantes. Interview.

A 24 ans, Jérémy Florès est devenu un des surfers les plus respecté à Hawaii. Le Réunionnais y a gagné le Pipeline Masters voici deux ans et il a rejoint le cercle très fermé des big waves riders (surfeurs de grosses vagues) invités pour l’Eddie Aikau.

Quelles sont tes dernières nouvelles ? Tout va bien à Hawaii ?
Oui ! Il fait beau, chaud, je sors juste de l’eau. J’ai eu de bonnes vagues. J’aodre pouvoir surfer en short à cette période de l’année ! J’ai eu des amis en France, je sais qu’il fait très froid. Je suis donc bien content d’être au soleil ! Je suis content de mon surf et mes planches marchent plutôt bien.

Le Tour pro se termine comme chaque année à Hawaii. Est-ce l'endroit idéal pour l'explication finale ?
Oui car c’est ici que tout se passe. Les meilleurs surfeurs du monde sont là, les meilleurs vagues nous attendent. Il y a toute la presse du surf qui est présente. Le monde du surf est présent sur une bande de dix kilomètres de spots.

Qu'est-ce qui te plait le plus à Hawaii ? Les vagues, les gens, l'atmosphère ?
C’est tout ça. Je viens à Hawaii depuis que je suis tout petit. Je connais bien les lieux maintenant. J’aime être ici. Je suis excité chaque année quand j’y arrive. Et j’essaye d’y rester le plus longtemps possible pour bien m’imprégner des lieux. Les vagues sont incroyablement puissantes, il n’y a pas d’équivalent ailleurs. Je suis à l’aise dans l’eau, j’ai mes vagues. Même si ça reste toujours aussi chaud et qu’en trente secondes tu peux te faire expulser d’un spot par un local !

Ce genre de mésaventure ne pourrait pas t’arriver, toi qui fait désormais presque partie de la famille de certains Hawaïens comme Sunny Garcia…
C’est vrai que je connais beaucoup de monde. Mais j’ai toujours respecté les gens qui sont ici chez eux. Je ne suis jamais arrivé en terrain conquis. Et je continue à bien me comporter. Je ne fais pas n’importe quoi dans l’eau, ça me permet d’avoir mes vagues, de ne pas avoir de problème.

Tu n'as pas fait beaucoup de WQS depuis ton accession dans l'élite en 2008 mais tu viens de participer à Haleïwa et Sunset ces derniers jours. Une façon d'honorer les 30 ans de la triple crown ? Un besoin de te chauffer dans les vagues du North Shore ? Les deux ?
C’est vrai que je ne fais quasiment jamais de WQS mais, oui, j’avais envie de faire la Triple Crown et de la gagner ! C’est une compétition prestigieuse, qui propose trois étapes en peu de temps sur trois spots magiques. J’ai fais deux quarts de finale à Haleiwa et Sunset. Je suis satisfait et en même temps je sais que j’aurais pu mieux faire. Ça devient compliqué pour aller chercher la première place au combiné des trois mais on ne sait jamais. Moi, en tout cas, je ne lâcherai rien. Deux quarts, ça me permet d’être encore en embuscade. Si Sebastian Zietz, Alejo Muniz et John John Florence ne font pas un bon résultat à Pipeline et que moi, je vais loin, alors, oui, tout peut arriver !

 


                                                        Jérémy Florès © ASP

 

Tu as gagné le Pipe Masters de 2010… Cette victoire est-elle encore présente en toi ?
Bien sûr ! Je me souviens de tout. Quand je marche sur cette plage, quand je vais à l’eau, j’ai tous ces souvenirs qui remontent. J’ai vécu un rêve, j’ai réalisé mon rêve de gagner la plus belle de toutes les compétitions de surf au monde. Je n’en ai d’ailleurs gagné qu’une sur le circuit du world tour et, tant qu’à faire, j’ai pris ce qu’on fait de mieux.

On sait que ta technique du tube est encore meilleure et que tu es un vainqueur potentiel à Pipe. Toi, te sens-tu capable de gagner cet hiver ?
Oui. Je me suis encore amélioré, je suis meilleur dans mon approche du tube qu’il y a deux ans. Je réalise certaines choses que je ne faisais pas avant. Je sais que je peux gagner Pipe puisque je l’ai déjà fait. Mais une compétition reste une compétition.

Tu préfèrerais avoir des conditions similaires à celles de 2010 avec des vagues moyennes sur Backdoor ou plutôt comme l’an passé avec de la taille et un Pipeline dans toute sa splendeur ?
Très sincèrement, je préfère Backdoor. Le tube est plus carré, plus long, plus technique. J’adore cette vague ! Pipe est plus court mais plus… intense ! Après quand tu pars sur une bombe du second reef et que tu colle un tube incroyable, ça reste un grand moment. On verra bien les conditions qu’on aura. Je suis préparé à surfer toutes les conditions sur cette compétition.

Que faut-il avoir pour surfer Pipe : le mental, la technique, le physique, l'expérience, les planches ?
Il faut tout ça. L’équipement joue un grand rôle. Mais il faut vraiment être complet. Depuis le temps que je surfe ce spot je commence à bien le connaître. Je sais ce qu’il faut faire et ne pas faire.

Tu es pour la seconde année consécutive invité pour l'Eddie Aikau, la compétition de grosses vagues qui réuni 28 surfers invités. On se doute que tu dois être encore très fier…
C’est un honneur immense ! Quand je réalise d’où je viens, ce que j’ai la chance de vivre. Me retrouver avec toutes ces légendes du big surf. Comme je le disais, c’est un honneur de faire partie de ce cercle de légendes. Moi qui vient d’une petite île, la Réunion. C’est juste tellement énorme. Je suis fier de représenter mes racines. Je suis aussi très honoré car j’ai été choisi par ces légendes pour faire partie de leur cercle. Quand je vois certains big wave riders qui sont de vrais malades et qui ne sont pas sur la liste des invités, je me dis que je suis un privilégié. Et que je dois être à la hauteur !

Lors de la cérémonie d’ouverture, la semaine dernière, as-tu observé une de ces légendes plus qu’une autre ?
Non pas vraiment car, sans me la jouer, je connais tous ces surfers depuis plusieurs années. J’ai la chance de venir ici depuis mon plus jeune âge et j’ai surfé avec eux tous. Il y a quelques jours, j’étais à Sunset beach avec Clyde Aikau (le frère d’Eddie, ndlr). On a discuté ensemble, c’était sympa. Je connais bien Dane Kealoha, Mike Ho aussi. Ce sont des amis. J’adore échanger avec eux car ils ont écrit l’histoire du surf ici. Ces mecs ont surfé des vagues gigantesques à Hawaii, sans leash, sans veste de survie. Souvent seul. Il y ont risqué leur peau. Juste par passion !

Waimea Bay est un des challenges extrêmes en surf. Après ta grosse frayeur à Hossegor lors du Quiksilver Pro en septembre, as-tu une appréhension particulière à surfer les grosses vagues ?
Mais je vis avec la peur des grosses vagues depuis toujours ! Je ne connais pas un surfer qui dira ne pas avoir peur d’aller à l’eau quand ça fait dix, douze mètres ! La veille d’une grosse session, je ne dors pas. C’est impossible ! Je ne fais que réfléchir à ce qui pourrait arriver… Je pense à tout, même au pire. Je connais des mecs qui avant de surfer ces vagues énormes appellent leurs proches, pour leur dire qu’ils les aiment au cas où… Mais une fois dans l’eau, cette peur s’en va. Le truc c’est de pouvoir switcher en un instant. Passer du mode « peur » au mode « surf ». Faire ce qu’on sait faire. Débrancher son cerveau et se jeter.

T'es-tu entraîné spécifiquement pour l'Eddie Aikau ?
Pas cette année, non. L’année dernière, en raison de ma blessure à la cheville qui m’a fait raté la fin de la saison, je m’étais entraîné en piscine, pour mon apnée. Je m’étais rendu compte que j’étais vraiment nul (rires) ! Si la compétition a lieu (il faut une houle de 20 pieds minimum, ndlr), je ferais face. J’ai hâte d’y être, il y a une telle énergie à Waimea Bay. Ça va être un immense challenge pour moi ! Je suis bien physiquement, je ne fume pas, je ne bois pas, je ne me drogue pas. Je suis un athlète professionnel, entraîné pour surfer des grosses vagues. Mais je sais que je ne tiens pas 5 minutes sous l’eau comme certains des big wave riders de l’Eddie Aikau !

Revenons-en au championnat du monde. Cette saison a été particulièrement frustrante avec des décisions très souvent litigieuses et toujours défavorables pour toi. As-tu eu une explication de l'ASP (association des surfers professionnels) à ce sujet ?
Je n’en ai pas eu et, sincèrement, j’ai décidé de faire avec. La plus belle des reconnaissances vient des autres surfeurs. Quand je sors d’une série et que je ne suis pas passé pour quelques dixièmes de points alors que tout le monde me voyait, je suis fier qu’un Kelly Slater, qu’un Joel Parkinson ou qu’un Martin Potter vienne me dire que je méritais de me qualifier. Le jugement de ces surfers m’honore plus que celui de ceux qui sont dans leur tour. Je sais que pour avoir un 7, il faut que je surfe un 9/10 ! Je sais que ce sera encore comme ça tant qu’il n’y aura pas davantage de juges européens dans le circuit. Le surf pro est un monde très anglo-saxons. Je fais avec ça, c’est comme ça. J’étais mercredi soir à la cérémonie du Surf Pool où l’on récompense les meilleurs surfeurs de l’année. Il y en a toujours que pour les Anglo-Saxons. Même si, pour la première fois, un Brésilien, Gabriel Medina, a reçu un prix ! Il était temps…

Il n’empêche que ces jugements souvent en ta défaveur contrarient ton classement final…
C’est ce qui me rend plus fort. Malgré tout ça, je suis actuellement neuvième au classement du world tour. Imaginons quelle place j’aurais eu si j’avais passé les quelques tours où j’ai été lésé. Le Top 5 n’aurait pas été si loin, non ? Après, je sais que j’aurais pu mieux faire, ne serait-ce qu’en surfant mieux. Mon grand regret reste d’ailleurs l’étape de Fidji. C’était une vague taillée pour moi. J’aurais dû y faire quelque chose, je suis passé au travers (13e place, ndlr).

Tu es malgré tout dans le Top10 avant la dernière compétition de la saison. Quoi qu'il arrive, tu as confirmé ta place dans les meilleurs mondiaux. Satisfait ou pas ?
Bien sûr, ne serait-ce que pour ce que je viens de dire. J’ai assuré ma place parmi les meilleurs, la saison n’est pas terminée et je peux encore l’améliorer. C’est mon objectif. J’ai toujours dis que je visais le Top 5. Le Billabong Pipe Masters peut commencer ce samedi.

En attendant ton entrée en lice au 3e tour, tu vas faire quoi ? Observer les concurrents à l’eau ? Aller surfer ailleurs ?
Je crois que je vais aller regarder la compétition. Il va y avoir du show avec tous les Hawaïens qui font le 1er tour ! Il y en a qui sont très, très bons à Pipe ! Et puis je vais aussi aller encourager mon ami Tiago Pires (Portugal, ndlr). Il est mal au classement et a besoin de points pour rester dans le tour.

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Source: Outre-Mer Sports

Author: Stephane Sisco

Tags: France, Reunion, Jérémy Florès

Team: Surfersvillage

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